tresol du Parlement devint très achalandée, le chiffre de vente augmenta les cotisations, les souscriptions, les dons affluèrent.
L’Artisanat rayonna à travers toute la montagne. Une quarantaine de villages furent visités. Plus de mille ouvriers reçurent du travail.
Ces dernières années, le rétablissement des communications avec l’extérieur a diminué l’intensité de la production. La facilité des échanges avec l’Etranger, l’affluence énorme et à prix modique des objets manufacturés sur le marché, la difficulté où l’on se trouve toujours d’avoir certaines matières premières — tels, le raphia et le filé de coton continuent à provoquer un ralentissement dans la vente de nos produits. Certains villages ont dû être abandonnés faute de matières premières.
D’autres ont vu leurs commandes diminuer. Par contre quelques uns demeurent très prospères, grâce à la qualité exceptionnelle de leur production et au zèle inlassable de leurs marraines toujours dévouées, toujours fidèles, toujours infatigables, poursuivant sans relâche la tâche ardue qu’elles ont bien voulu assumer. Les tissages de Zouk continuent à être extrêmement prisés. Les layettes de laine de Gazir, la dentelle de laine de Haret Sakr, la vannerie de Majdalaya, les soquettes, les gants la dentelle à l’aiguille de Araya. Les chandails de Djebeil,
avaient périclité, les créer même là où il n’y en avait jamais eu.
De plus, il fallait recruter les bonnes volontés, trouver une Salle d’Exposition au centre de la Capitale, assurer l’écoulement des produits, et surtout financer l’œuvre.
Une loterie permit de réunir les premiers fonds. Un peu plus tard, l’aide gouvernementale, des dons individuels, les cotisations et surtout la générosité des Emigrés, rendirent possible la pleine réalisation du projet. L’œuvre était lancée, non sans peine certes, mais les résultats furent tout de suite consolants. Des marraines étaient données à chaque village pour distribuer le travail, surveiller son exécution, et aider au perfectionnement de la production — très vite, il faut le reconnaître, elles inculquèrent aux artisans le goût du travail bien fait, et le public fit un accueil chaleureux à leurs efforts. La guerre arracha momentanément le remarquable essor. Les matières premières devenaient rares et hors de prix. Les moyens de transport difficiles et coûteux. L’Amérique n’envoyait plus rien. Il fallait faire face à la situation nouvelle. Les Dames de l’œuvre se dépensèrent sans compter, pour suppléer à toutes ces déficiences, et leur zèle ne tarda guère à être récompensé.
« L’Artisanat connut, grâce à elles, une grande extension. Les importations étant impossibles du fait de la guerre, les commandes locales se firent plus nombreuses, mieux rétribuées. »
La Salle d’Exposition, sise à l’en-
« Il y a une grande misère dans les villages . . . . . . . . . . . . . » Ce vers si poignant de Georges Chéhadé, résume en peu de mots l’origine d’une très grande œuvre — En effet, la crise aigue des années qui précédèrent la dernière grande guerre, ayant rendu la situation dans la montagne presque tragique, la pauvreté consécutive au chômage devenait si inquiétante qu’un véritable exode rural était à redouter, mettant en danger l’avenir des paysans, compromettant peut-être définitivement le patrimoine des belles vertus ancestrales transmises de génération en génération
Il fallait à tout prix enrayer le mal à ses débuts, ou tout au moins en limiter les dégâts...
Grâce à l’admirable et courageuse initiative de Madame Emile Eddé, secondée dans son dévouement par une élite des dames de la meilleure société, le redressement de l’Artisanat libanais, œuvre nationale entre toutes, devait naître sans tarder. En ressuscitant les beaux métiers d’autrefois, qui avaient fait le renom de l’Artisanat libanais, on pouvait venir en aide à des centaines de familles, tout en leur permettant de rester chez elles.
Comme toutes les entreprises de cette envergure, l’Artisanat a eu depuis sa fondation à affronter les plus grandes difficultés pour vivre et se développer.
Il fallait, avant tout, connaître les besoins du pays, étudier de près les possibilités des villages, faire prospérer les métiers déjà existants, les faire revivre là où ils

