C'est donc nous, qui faison les mœurs, la culture, la civilisation. C'est à nous qu'incombe la tâche la plus importante et la plus difficile, parcequ'elle ne peut être concrétisée, bien définie, bien limitée. Nous joignons donc à la tâche de mère, celle d'éducatrice et d'inspiratrice.
Pour pouvoir exercer une bonne influence, il ne suffit pas de le vouloir, il faut posséder soi-même une culture solide, un jugement et une richesse intérieure sans cesse renouvelée. Ce sont les femmes qui créent l'atmosphère favorable pour l'épanouissement de l'art, la science, la culture. Mais pour créer cette atmosphère, il faut s'épanouir soi-même, développer ses facultés et ses dons naturels. Cherchons donc à nous instruire, à voir juste, à avoir une idée claire des êtres et des choses qui nous entourent.
Eduquons notre sens critique, notre goût artistique et littéraire, notre fin discernement qui est peut-être la qualité la plus spécifiquement féminine.
Vous ne pouvez rayonner de tout l'éclat de votre personnalité que si vous cherchez la vraie science, l'instruction, la culture ; que si vous essayez de mettre vos connaissances au service de la Société, chacune selon vos dons. Et c'est alors que vous aurez une idée juste de l'échelle des valeurs,
une tragique discordance est apparue entre l'éblouissante réussite de la technique et le dépérissement de la civilisation.
« Par le Savoir Scientifique », disait le Docteur Lavalée, « nous sommes devenus des demi-dieux, par les mœurs nous avons rejoint les barbares ».
Le Liban participe, d'une façon relative, à ce phénomène général. Nous avons un des plus beaux pays du monde, mais un spectacle, un paysage n'a de sens, sinon à travers une culture, une civilisation. Nous devons donc donner au Liban une belle civilisation plus florissante encore.
Qu'en est-il de notre état d'esprit ? Par vanité et peut-être parceque nous sommes superficiels, nous restons trop attachés à la façade, aux apparences en tout. Pour construire le Liban de demain, il faut l'assurance que les forces supérieures de ce pays et ses valeurs profondes ne fléchiront en aucun cas. C'est d'une façon décisive, une question d'éducation et de mœurs. Civilisation ! Mœurs !
Or, à toutes les époques de l'histoire, pour le bien ou pour le mal, si l'homme a fait les lois, la femme a fait les mœurs, si l'homme a, en général, détenu l'autorité, la femme a exercé l'influence.
NOUS allons essayer d'examiner sincèrement le rôle qui nous a été confié, à nous autres femmes, et de voir si nous sommes vraiment en train de réaliser ce qu'on attend de nous en tant que libanaises. Quelle est notre pression ? C'est une question qui vaut la peine d'être posée, car quand on prend conscience de son rôle même le plus effacé, le plus modeste, alors seulement on est heureux.
Nous n'avons pas encore pris conscience de notre rôle, les jeunes filles d'aujourd'hui se trouvent être déroutées, plus d'une passe son temps à s'habiller de beaux atours et à s'entourer de beaux romans. Il est certes, de notre devoir, d'avoir un aspect extérieur aussi agréable que possible et en parfaite harmonie avec notre personnalité ; mais n'oublions pas que nous avons une âme dont il faut s'occuper aussi.
Que de jeunes filles perdent leur temps, leurs forces, leurs aptitudes, leurs dons et leur chance de bonheur. Elles ne savent pas que la Société a besoin d'elles, qu'elles peuvent être très utiles.
Car, aujourd'hui, nous assistons à un grand bouleversement mondial, les penseurs, les savants sont déroutés. Il y a un siècle, on croyait que les découvertes modernes assureraient le bonheur et la grandeur de l'humanité. Aujourd'hui,

