LE POUR ET LE CONTRE :
Depuis ses premiers ouvrages, en tout premier lieu Siberman, l'auteur, un des meilleurs romanciers de l'époque, s'est révélé grand écrivain. Il ne s'est pas démenti. Olivier, le héros du « Pour et Contre » est, je pense, un de ses visages. Le roman a la sincérité d'une autobiographie et rien n'est plus émouvant que cet effort d'une conscience scrupuleuse à l'affût des instincts et des courants qui le mènent.
Le sujet, l'intrigue veux-je dire, est suffisamment attrayante pour intéresser n'importe quelle classe de lecteur, mais veut des clients de choix.
Olivier est un intellectuel que son ascendance choisie — le père. Consul de France en divers pays étrangers, la mère vouée à son fils et au culte du disparu — a préparé pour le goût des voyages, l'ardente curiosité et les scrupules. Doué de talent, de charme et d'une fortune moyenne, Olivier oscille entre les joies de la vie et le besoin de s'approuver.
Ce thème est le fil conducteur de l'ouvrage ou, comme dans un miroir, défilent femmes et tentations, et fautes et conséquences.
Un de ses attraits est que toutes les défaillances confessées sont plausibles et tous les personnages attachants.
Je ne sais pourquoi « Le Pour et le Contre » m'a rappelé « Contre Point » d'Aldous Huxley, ce qui certes n'est pas une critique.
