Pour ressusciter une production qu'on pourrait qualifier de Nationale, qui périclitait depuis très longtemps, des femmes libanaises ont lutté pendant des années, pour relever cette industrie admirable des travaux d'art de ZOUK et former dans la mesure du possible une organisation jusqu'alors inexistante des Artisanats.
En premier lieu en sélectionnant le travail par le choix des meilleurs artisans, leur donnant selon leur capacités des modèles a dessins nouveaux à exécuter, ensuite pour vaincre cette anarchie qui regnait dans la fabrication des anciens modèles surranés, invariablement les mêmes et la plupart mal exécutés : pour rééduquer ces artisans livrés à eux mêmes, sans guide ; pour leur indiquer une marche technique à suivre dans l'exécution des dessins et nouveautés qui devaient faire revivre leur art.
Il fut un temps ou ces artisans découragés, sans ressources, criblés de dettes ne parvenaient plus à vivre, parcequ'ils ne trouvaient plus à découler leurs travaux.
Pour remonter cette pente catastrophique, pour organiser une salle de vente et pour grouper tous ces travailleurs autour de l'artisanat et pour
leur faire comprendre le but de l'œuvre... Il a fallu a ces femmes libanaises une tenacité et une patience incroyable.
Les résultats obtenu jusqu'à ce jour est appréciable certe ! mais combien encore il reste à lutter pour placer l'art de ZOUK dans les conditions supérieures qu'il mérite.
Sans nous étendre sur toutes les conditions qui nous meneraient a ce but « telles que des écoles de dessins, des professeurs techniques, des installations convenables » pour faciliter la tâche des ouvriers des ateliers bien éclairés etc... etc... l'entreprise est d'importance et nous en reparlerons.
Malgré tout il est encourageant de constater combien le public Beyrouthins s'est intéressé à cette renaissance et comment Il a répondu à cet effort.
Le petit chemin de l'artisanat du début est devenu la grande voie qui conduit à l'élégante exposition permanente où les amateurs de belles œuvres viennent admirer sans contrainte tous les travaux exécutés par des doigts de fées de nos ouvrières libanaises, ainsi que les tissages éclatants de nos artistes de ZOUK.
Aujourd'hui ces travaux sont connus et appréciés en Amériques, à la cour de Londres, à la Cour d'Égypte, Son
Altesse le Prince ALY OHRAN de passage ici après avoir fait d'importants achats à l'Artisanat, a bien voulu nous manifester son admiration sur la finesse et les couleurs chatoyantes des motifs tissés, ainsi que sur la belle lingerie de table.
Je dirai pour terminer que de nouvelles équipes d'artisans nous sont nécessaires, indispensables, pour répondre aux nombreuses commandes qui nous sont faites. Et pour que l'effort qui a été donné jusqu'à ce jour ne soit pas lettre morte, et que ZOUK devienne le centre de l'Industrie Nationale protégée et aidée du Gouvernement Libanais, au même titre que les fabriques de Gobelin et d'Aubusson le sont en France.

